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Publié le 4 septembre 2014 | par Domitille

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À propos de l’information

L’un des premiers cours qui m’a été donné à l’école de journalisme et qui m’a marqué s’intitulait : les journalistes et l’écologie. Quelle ne fut pas ma déception, en m’apercevant que les études prouvaient qu’aujourd’hui nombre de journalistes environnementaux n’en ont finalement rien à faire.

La question écologique fait son émergence assez tard dans les médias, il faut attendre les années 60 pour voir apparaître les premiers articles à ce sujet. La prise en compte est progressive et les premiers journalistes à écrire sur le sujet sont des militants.

Les journaux comme la Gueule ouverte, le Sauvage ou encore Arakiri sont les premiers à écrire sur la question environnementale, de manière satirique. Les mouvements écologistes prennent de plus en plus d’importance dans la société et ces journaux y sont très liés. C’est un journaliste de la Gueule ouverte qui organise la première manifestation anti-nucléaire et les journalistes et écrivains pour la nature et l’écologie s’associent et se lient formellement à France Nature environnement. Ils luttent pour faire connaître les enjeux écologiques et sensibiliser l’opinion publique aux questions environnementales.

Dans les années 70, la question environnementale et le journalisme environnemental se politisent. En 1974, le premier candidat écologiste se présente à l’élection présidentielle avec l’appui et le soutien de ces journaux.

Avec le temps les préoccupations écologiques reculent au profit d’autres “informations”, dans les médias et dans la société. Certains journaux écologistes disparaissent et le journalisme se “professionnalise”. Désormais, est journaliste celui qui a la carte presse et les journalistes qui couvrent les sujets sur l’environnement se dégagent de leur passé militant.

Mais l’environnement et l’écologie reviennent dans les médias, les journaux intègrent une rubrique “environnement”.

On observe qu’avant les années 90 les journalistes qui traitent ces questions environnementales le font par choix, engagement et militantisme. Alors que dans les années 2000, il s’agit plutôt d’une question d’opportunité et d’une manière d’évoluer dans le métier.

Alors pour émerger, pour sortir de sa rubrique et pour qu’on en parle tout simplement l’information environnementale doit désormais être alarmiste. Les journalistes cherchent à faire prendre conscience certes mais sans chercher à comprendre les pourquoi et les comment, ni à s’engager politiquement. Le discours médiatique sur les questions environnementales devient consensuel : informer mais masquer les controverses. Les responsabilités sont dénoncées : désigner un coupable. Et le public est culpabilisé : uniformiser le rapport aux enjeux.

Surtout ne pas assommer le public, alarmer en parlant de conséquences, sans évoquer les causes ni les solutions. Le discours médiatique est dépolitisé et culpabilise, au risque de manquer d’objectivité, base du journalisme…

Le cours s’appuyait sur un ouvrage de Jean-Baptiste Comby. Pour parler de sa recherche il explique qu’on ne peut pas comprendre l’évolution du traitement journalistique des enjeux environnementaux dans les médias généralistes sans interroger le rapport de la plupart des journalistes au capitalisme.

Nous avons également pu visionner quelques reportages de JT, ils donnent à voir de belles images qui font regretter la disparition de certaines espèces, le réchauffement climatique et la production à outrance. À la fin de chaque reportage : on n’apprend rien, on en ressort alarmé sans comprendre pourquoi, puis on oublie ! Les “alternatives” sont données à voir d’une manière ridicule, tout est mis en scène et on ne comprend pas ces reportages sur “ces français qui vivent à rebours de la société de consommation” (TF1).

Et c’est absolument ce que nous ne voulons pas !

 

Pour poursuivre je vous conseille la lecture de “Quand l’environnement devient médiatique” et “Les journalistes, l’écologie et le capitalisme” de Jean-Baptiste Comby.

 


À propos de l'auteur

Domitille

"Journaliste en transition", Domitille gère les publications sur Zango Média. Avide de voyages, elle s’intéresse à la politique quand elle est bien faite et prône un journalisme positif, de terrain et d'immersion.



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