Observatoire chevre editorial octobre

Publié le 2 octobre 2014 | par Rédaction Zango

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Editorial Octobre 2014

Un été qui se prolonge, les papillons virevoltent entre les branches, on ne veut pas croire à l’automne qui s’installe… Et pourtant les légumes de saisons sont là. Malheureusement certain n’y goûterons pas car trop habitués à consommer les produits que nous apporte abondamment la mondialisation, sans réflexion sur la cohérence et la temporalité de leurs actes.

Les prix de vente ont chuté, les intempéries ont lourdement endommagé les récoltes, un embargo russe qui s’installe et voilà nos paysans qui n’en peuvent plus. Encore une fois à bout.

Des compensations ? Il y en a : une enveloppe « exceptionnelle » proposée par l’Europe aux producteurs de fruits et légumes. 353,70 euros, soit un quart du smic, non négligeable, si cette somme n’était pas à partager entre les 1500 exploitants… Oui, c’est bien 23,58 centimes que doit envoyer la SICA Saint-Pol (Société d’Intérêt Collectif Agricole) en Bretagne à chacun de ses agriculteurs.

Ce n’est donc pas aujourd’hui que les paysans vont sortir du bourbier économique et administratif que la mondialisation, la conjoncture et l’Etat leur imposent. Les grosses structures agricoles mises à part, bien loin de ces préoccupations.

Le sujet devient de plus en plus épineux et ceux qui s’y risquent sans pincette pourraient vite être pris pour cible par des artichauts en colère.

Aujourd’hui la distance qui se creuse entre paysans et écolos est stérile, dangereuse et profitable à ceux qui tiennent véritablement les rênes, les géants de l’agro-alimentaire, qui se moquent des premiers comme des seconds.

Nous pensons que l’erreur serait d’opposer nos protagonistes, car leurs valeurs sont les mêmes et l’amour qu’ils portent à la terre devra à l’avenir être le terreau d’une transition réfléchie où emploi, qualité et temps de travail, respect de la terre, sanité des aliments… en seraient les objectifs.

Loups, produits phytosanitaires (ou biocides), agriculture intensive, raisonnée nombreux sont les sujets complexes et encore sur la table qui vont devoir se régler par l’échange et la négociation entre ces parties et non par l’imposition de nouvelles contraintes obscures venues “d’en haut”.

 Une idée serait que la société puisse ré-inventer et établir un nouveau rapport entre elle, sa terre nourricière et tous ses acteurs.

Que les paysans ne soient pas les seules à faire des efforts mais que les citoyens, conscients de leur rôle, participent à la relocalisation de la consommation et au respect des saisons. Une question de bonne conscience finalement.

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À propos de l'auteur

Rédaction Zango

Regroupant l'ensemble de l'équipe de rédaction, cet auteur aux multiples visages publie les vidéos et les écrits collectifs.



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