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Publié le 12 décembre 2014 | par Rédaction Zango

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Editorial d’hiver

L’hiver est installé. On met en place des solutions d’urgence. On se plaint qu’il n’y a plus de saisons… Et on allume le chauffage en appuyant sur un interrupteur.

Mais ça tombe bien grâce à la loi sur la transition énergétique vous allez pouvoir faire des économies : “des aides de l’État vous permettent de financer vos travaux de rénovation énergétique”. Le vote du mois d’octobre aura été pour la ministre de l’écologie “un moment historique” et “une formidable chance” qui rajoute finalement des objectifs chiffrés à une France déjà étouffée. Faire des efforts par-ci, réduire ceci, améliorer cela. La transition énergétique s’effectuera-t-elle ainsi ? “La sphère politique est dans la retenue”, c’est Mathieu Burnel qu’il le dit. Alors qu’en haut on essaye de contenir les problèmes et de limiter les dégâts, en bas nous n’attendons pas de solutions.

La réponse viendra d’en bas, en se réorganisant collectivement et en réfléchissant ensemble. Lutter contre plus gros que soi ne changera rien et n’apportera que drame et déception. N’entrons pas dans les luttes politiques, théoriques, bourgeoises.

Agissons. Les habitants de l’île de Samsø (Danemak) sont aujourd’hui énergétiquement autonomes. Ils auront chaud cet hiver grâce à leurs centrales de chauffage urbain, alimentées par l’énergie solaire, la paille et des copeaux de bois produits sur l’île par les habitants. En effet, l’île a mis de côté le productivisme et la consommation à tout prix en devenant une micro-société « collaborative ». Ils prouvent que l’on peut réfuter en action et pas seulement en paroles, le modèle économique dominant, en mettant en place une initiative réussie et un modèle alternatif viable. Un projet à l’origine du gouvernement danois et pris à bras le corps par les habitants de l’île, aujourd’hui soutenu financièrement par l’Union Européenne.

Agissons. Avec une action qui passe par l’éducation, la sensibilisation et l’information. Aujourd’hui, le débat sur l’écologie et l’environnement emmerde tout le monde et scandalise certains. Parce qu’on nous demande de réduire nos déchets, sans nous expliquer les enjeux. Parce qu’on organise des grandes messes hypocrites à l’ONU ou Paris en 2015, loin des préoccupations quotidiennes. Parce qu’on tape sur des militants, qui se mobilisent contre des projets absurdes et qu’on en fait des coupables violents. Notre-Dame-des-Landes, Sievens, Roybon, les ZAD fleurissent et les médias les regardent comme des rêveurs ou des anars’bobos. Allons voir ce qui s’y passe, comment ils s’organisent et construisent ensemble des luttes et des modes de vie…

Agissons. À notre propre échelle. C’est ce que fait Maurice Rouvière, apiculteur/chercheur, il lutte activement contre les pesticides et sensibilise adultes comme enfants à la préservation du patrimoine naturel et de la ruche. Ses abeilles lui ont chuchoté leurs craintes, quant à l’avenir de la planète et de leur espèce si la réaction n’était pas imminente et efficace. Vous le verrez en vidéo. Agir comme au Bec Hellouin, une ferme « permaculturelle »  qui permet de produire davantage sur une surface réduite grâce à différentes méthodes agroécologiques. Un lieu où l’énergie fossile est bannie, un lieu qui repense l’agriculture de demain, un lieu où Charles et Perrine n’ont pas peur de l’innovation et de l’expérimentation. Agir, c’est ce que fait aussi Pauline, notre nouvelle rédactrice, qui s’essaye à un mode de vie sans déchets et que l’on accompagnera tout au long de sa démarche via ses écrits.

Agissons. Insoumis, créons les prémices d’une société fondée sur la sauvegarde écologique et le développement durable. Changeons de discours, en expliquant simplement que la croissance est terminée, qu’elle ne reviendra pas. De nombreux paramètres ne laissent aucun doute, l’ère des énergies bon marché et de la dépendance croissante à la dette n’est plus. Et si l’économiste américain Jérémy Rifkin avait raison? Très médiatisé en France en ce moment, il présente son essai sur la « Société du coût marginal zéro ». Une société sans surproduction, un système où le capitalisme est remplacé par l’économie du partage et où le consommateur devient producteur (prosommateur) au sein d’une société collaborative. “Demain, dans une société d’abondance, le capital social deviendra beaucoup plus important que le capital économique ou financier. Et cette mutation radicale commencera dès le plus jeune âge.”

Réorganiser un système est possible, repenser des modes de vie respectueux de l’environnement peut être concret, vivre sans surconsommer, en aidant son voisin et en étant en alerte sur notre impact n’enlèvera rien à notre qualité de vie.

Réfléchissons, agissons, changeons.

 

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À propos de l'auteur

Rédaction Zango

Regroupant l'ensemble de l'équipe de rédaction, cet auteur aux multiples visages publie les vidéos et les écrits collectifs.



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