Carnets de Voyage Guillaume et l'âne

Publié le 16 avril 2015 | par LeaetGuillaume

0

La Fermette de Bellefontaine

La fermette sous le soleil

La fermette sous le soleil

Lorsque nous nous sommes lancé-e-s dans les préparatifs de cette année de marche, et qu’il a fallu commencer à contacter les alternatives, c’était le grand vide, le grand saut vers l’inconnu. Comment se présenter, expliquer notre projet, comment allait-on être reçu-e-s? De plus en plus de gens souhaitent faire du woofing ou viennent travailler un moment dans les lieux alternatifs qui, parfois, reçoivent ainsi beaucoup de monde. Nous qui ne faisons souvent que passer, nous avions l’impression de demander beaucoup, sans pouvoir donner autant. Et pourtant, nous avons reçu beaucoup de réponses positives, de personnes très enthousiastes même à l’idée d’échanger autour de nos projets respectifs. C’est ainsi que nous avons fait connaissance avec Marie-Cécile qui, au nom de la fermette de Bellefontaine, nous a chaleureusement invité à venir les rencontrer et à passer quelques jours avec eux. Sans en savoir plus sur le lieu que ces quelques messages échangés en Novembre, nous attendions avec impatience de découvrir ce nouveau projet normand.

 

Le 3 février, la fermette de Bellefontaine nous attendait et nous avançions donc confiant-e-s vers Sourdeval et ses environs. A quelques kilomètres d’intervalle, ce sont trois voitures que nous avons vues successivement s’arrêter à notre hauteur, leur-e-s conducteurs/trices n’ayant aucun doute sur notre identité. « Hé, salut Léa et Guillaume, la fermette c’est par là, encore 2 ou 3 kilomètres », nous ont ainsi prévenu Marie-Cécile, Elsa et Vincent, tous trois habitant-e-s du lieu. Une fois arrivé-e-s sur le lieu, c’est avec autant de surprise que nous avons reconnu Fred, hébergé quelques mois plus tôt dans notre colocation lilloise et qui passait quelques jours chez de vieux amis.

Après quelques jours de randonnée solitaire en rase campagne, nous avons retrouvé avec plaisir cette vie fourmillante d’activités et sommes parti-e-s à la rencontre des multiples identités de la fermette de Bellefontaine : ses légumes, son pain, ses créations de céramique et de tissu.

Histoire du lieu et genèse du projet

Comme son nom l’indique, à Bellefontaine jaillissent de nombreuses sources et le terrain de la fermette ne fait pas exception. On y trouve une source avec un bel étang mais aussi un bois, des terres cultivables et plusieurs anciennes bâtisses. Ce terrain anciennement communal était géré par une association qui organisait une fois l’année un événement regroupant les gens du village. En 2010, la commune a cherché des repreneurs afin de mieux entretenir ce lieu mais aussi conserver son ouverture aux habitants. C’est à ce moment-là que, de manière séparée, Marie-Cécile et Clément mais aussi Vincent, Elsa et Anthony ont proposé de racheter le terrain pour y lancer leurs activités. Eux qui ne se connaissaient pas ont été amenés à se rencontrer pour discuter de l’avenir du lieu et ont finalement décidé de présenter une proposition commune de rachat et d’installation sur le site. Si aujourd’hui chacun possède une parcelle de terrain pour ses activités propres et sa maison, certaines terres comprenant notamment les ressources utiles à tou-te-s (bois et étang), sont gérées collectivement sous forme de SCI (Société Civile Immobilière). Le lendemain de notre arrivée, nous avons ainsi participé, aux côtés d’Anthony, Vincent et Clément, à la découpe d’un gros hêtre, qui servira à chauffer les foyers ainsi qu’à alimenter le four à pain.

Sylviculture à la Fermette de Bellefontaine

Une ferme qui revit à travers une diversité d’activités

Clément, paysan-boulanger sur la fermette a en effet besoin de 12 stères pour faire fonctionner son four à pain. Chaque lundi et jeudi, il s’active au fournil de 3h du matin à 19h pour préparer pains complets, pains sans gluten, pains au sarrasin, brioches et croûtons qui sont vendus sur le site ces mêmes jours et distribués par Marie-Cécile aux magasins biologiques et sur les marchés. Pour faire ses pains bio, Clément utilise du levain naturel et de la farine qu’il fabrique à l’aide de son petit moulin. Il est actuellement en train d’acquérir de nouvelles terres qui lui permettront de produire son propre blé.

Sur la ferme, poussent également de nombreux légumes bio cultivés par Anthony, le maraîcher des lieux. Ces légumes sont vendus sous forme de paniers sur la ferme et sur quelques marchés. Mais ce qui passionne avant tout Anthony, c’est de participer à la création de projets pédagogiques pour faire découvrir aux plus jeunes cette forme d’agriculture respectueuse des cycles naturels. Il aimerait, à terme, développer sur la fermette des temps et des espaces d’accueil.

Dans la dernière habitation, Vincent se sert d’un autre type de four, qui accueille celui-là poteries et céramiques. Passionné par les émaux, il réalise des objets du quotidien mais également des créations artistiques qu’il a pu présenter lors de portes ouvertes sur la ferme dans une exposition insolite en plein air. Vincent continue à explorer de nouvelles techniques, notamment à travers les cours qu’il donne aux Beaux-Art de Cherbourg.

Elsa, quant à elle, ne travaille pas sur la fermette mais à l’atelier des chiffonières, situé à Sourdeval où elle propose avec Marie-Gazelle des cours de couture, des retouches ou encore des créations sur mesure.

Pour nous, les habitant-e-s de la fermette ont réussi le pari de faire revivre ce lieu au coeur du village. Alors qu’ils/elles cherchaient au départ à installer leurs activités séparément, la diversité de leurs profils et de leurs savoir-faire est aujourd’hui ce qui fait la richesse du projet. On attend avec impatience que l’espace d’accueil soit aménagé pour accueillir les woofers qui auront ainsi de quoi vivre une expérience unique. En attendant, la fermette ouvre régulièrement ses portes à l’occasion de marchés à la ferme, d’expositions ou d’événements festifs.

Une nouvelle fois, nous avons été chaleureusement reçu-e-s par Marie-Cécile, Clément et leurs enfants Gabi et Eline dans leur chouette maison à faible consommation et à ossature bois, construite à l’aide de Cyril, rencontré au Biopôle près de Vire. Nous sommes reparti-e-s sous la neige, le sac lourd des délices de la boulangerie mais aussi d’une soupe et d’une confiture « faîtes maison », offertes par Anthony pour améliorer notre frugal repas du soir.

Pour aller plus loin

Vous pouvez suivre quotidiennement (ou presque) Léa et Guillaume sur leur blog à cette adresse : leaetguillaumeapied.wordpress.com/

Tags: , , , , , , , ,


À propos de l'auteur

Léa et Guillaume, ensemble sur les chemins pour un projet hors des sentiers battus. Un an à l'ouest est le projet d'un voyage à pied à travers la France, à la rencontre d'initiatives alternatives locales. 365 jours pour parcourir 5000 kms. 20 km par jour marché en moyenne. Et beaucoup de rencontres en chemin...



Laisser un commentaire

Back to Top ↑