Articles « Cycle Oregon 2012 » par Bureau of Land Management — Cycle Oregon 2012Uploaded by AlbertHerring.

Publié le 1 mai 2015 | par Pauline Imbault

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Réduire sa poubelle d’un tiers, facile !

Les biodéchets*, c’est-à-dire les déchets de cuisine ou de jardin, représentent un tiers de notre poubelle. Globalement en France, nous n’avons pas de poubelle destinée à trier ces déchets qui finissent avec les ordures ménagères direction la décharge ou l’incinérateur et c’est vraiment dommage ! En effet, ces biodéchets peuvent facilement être valorisés. Pour faire son compost il existe pas mal de solutions et je vous parlerai davantage du lombricomposteur car c’est la solution que j’ai adoptée.

1-  Vous avez un jardin

Si vous avez un jardin, vous pouvez y installer un bac à compost assez facilement. Cela vous permettra d’y mettre vos déchets de cuisine mais aussi vos déchets de jardin et au bout d’un an vous aurez produit un super fertilisant gratuit !

2- Le compost commun

Si vous avez la chance d’avoir un compost de quartier, foncez ! Sinon vous pouvez aussi porter le projet de mettre en place un compost en pied d’immeuble. Le compost commun a l’énorme avantage de recréer du lien entre voisins et de redonner de la vie dans l’immeuble.

3- Le compost dans sa cuisine !

Pour les citadins purs et durs, je vous vois venir « oui mais j’habite en ville, il n’y a pas un carré d’herbe à moins de 20km de chez moi et je n’ai même pas de balcon! ». Et là je vais vous présenter la solution miracle : le lombricomposteur !

Je vais être franche, au début mon compagnon et moi avons eu la même réaction que la grande majorité des gens : « une boite pleine de vers dans mon appartement : impossible ! » Surtout que nous vivons dans un studio donc qui dit vers dans la cuisine dit vers dans la chambre. Et nous avons eu la révélation : nous allons le mettre à la cave. Alors nous avons acheté notre lombricomposteur.

Globalement, comment ça marche ? Nous ne nous sentions pas l’âme de bricoleurs alors nous avons acheté notre lombricomposteur, en optant pour un modèle coloré avec jardinière inclus. Nous l’avons reçu en kit, il suffisait de mettre les étages les uns sur les uns. Vous pouvez aussi tout à fait fabriquer le vôtre.

C’est une espèce de grosse boite à plusieurs étages. Tout en bas il y a un réceptacle pour le jus (car les biodéchets rendent beaucoup de jus les premiers jours). Vous récupérez ce jus grâce à un petit robinet et vous pouvez vous en servir pour vos plantes en le diluant. Au dessus il y a le bac pour les vers, là où vous mettez directement vos déchets. Quand cet étage est plein, vous en mettez un autre au dessus et les petits vers remonterons par les trous qu’il y a au fond de chaque étage.

Pour vous convaincre d’adopter ce système vraiment ingénieux, je vais tâcher de déconstruire un peu les mythes qui l’entourent.

Mythe n°1 : c’est compliqué à gérer et ça prend du temps

La mise en route est un peu délicate, il faut faire attention à équilibrer le milieu pour que les vers s’y sentent bien. Au début, nos vers fuyaient vers le bac du fond. Après un petit temps d’adaptation tout roule. Il suffit de mettre ses déchets de manière régulière, d’ajouter un peu de papier ou de carton et de mélanger pour faire passer de l’air. Régulièrement, vous ouvrez le robinet du bas pour faire couler le jus et une fois de temps en temps vous jetez un coup d’oeil au bac du bas pour lui passer un coup d’éponge. Globalement, gérer un lombricomposteur prend 10 minutes par semaine. Pas besoin de vers-sitter quand vous partez en vacances, votre lombricomposteur peut rester autonome près d’un mois.

Mythe n°2 : ça pue !

Et la je dis non ! Notre lombricomposteur est au milieu de notre appartement et je vous promets que lorsque nous l’ouvrons, nous n’avons pas besoin d’aérer une demi-heure. Il y a une odeur spécifique mais vraiment pas mauvaise. Quand je me rappelle ce que sent une poubelle d’ordures ménagères avec des biodéchets en mélange, je me dis que dire qu’un lombricomposteur pue c’est de la mauvaise foi en puissance. Si jamais des odeurs apparaissent, c’est qu’il y a un problème, souvent ça veut dire que c’est trop humide. Dans ce cas, il suffit d’ajouter du carton et le tour est joué.

Mythe n°3 : ça attire les moucherons !

Si vous avez des moucherons c’est certainement que vous avez mis beaucoup trop de sucrés. Pour cette raison, je vous conseille au départ de ne mettre que les épluchures et restes de légumes mais pas de fruits et d’ajouter petit à petit les épluchures de sucré. J’ai un ami qui a commencé son lombricomposteur en mettant une dizaine de grappes de raisins pourries. C’est sûr que les mouches sont arrivées très vite. Il a retiré le raisin, mis un peu de carton et quelques épluchures de légumes et elles sont reparties aussi sec. Personnellement, maintenant qu’il est en route, je mets mes épluchures de fruits et je n’ai aucun souci.

Mythe n°4 : ça prend de la place

Si comme moi vous habitez à Paris, le prix du mètre carré doit vous rendre un peu tatillon. Sachez que vous pouvez trouver des composteurs de la taille d’une caisse à vin (40 x 30 x 15 cm pour le Terra-Composteur). Chez nous, nous avons opté pour un lombricomposteur 3 à 5 personnes car nous avons une alimentation très végétale et nous cuisinons presque exclusivement à partir de produits bruts donc nous produisons beaucoup de biodéchets. Pour autant notre lombricomposteur ne mesure que 45 cm de diamètre et 50 cm de haut et en plus il sert de jardinière !

En réalité, nous avons notre lombricomposteur depuis plusieurs semaines et nous ne l’avons toujours pas descendu à la cave. Il est très bien dans notre pièce à vivre car nous nous sommes rendus compte que ça ne gênait pas du tout et que c’était plus facile pour y mettre les déchets.

Bref, l’essayer c’est l’adopter !

Si vous avez des questions ou le moindre doute sur le lombricomposteur, n’hésitez pas à en faire part dans les commentaires, j’y répondrais avec grand plaisir.

* « Les déchets organiques ou biodéchets regroupent les déchets issus de ressources naturelles animales ou végétales. Dans les déchets ménagers, ils sont constitués surtout des déchets de cuisine (épluchures de légumes et autres restes alimentaires), des déchets verts du jardin (tailles de haie, tonte de gazon, feuilles mortes …) et des déchets en cellulose (essuie-tout, mouchoir en papier). Les papiers et cartons peuvent aussi être rangés dans cette catégorie. » (Définition Zero Waste France)

Pour aller plus loin :

http://www.letri.com/wp-content/uploads/2013/08/guide_lombricompostage_sydom2.pdf

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À propos de l'auteur

Pauline Imbault

Ardennaise de 24 ans, elle vit aujourd'hui à Paris et tente de ne produire aucun déchet. A l'instar de Béa Johnson, elle réduit chaque jours son impact et aime à partager son expérience.



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