Carnets de Voyage

Publié le 10 décembre 2015 | par Irene Bertana

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Irene, Marco et La Nave Permacultura

La Nave est un tout nouveau projet de permaculture et de vie, qui a été conçu en Amérique Latine et qui se développe en Italie.

Moi, Irene et Marco, mon frère, avons traversé l’océan en mars 2014 avec une mission ambitieuse : trouver des réponses efficaces à la crise du modèle capitaliste de production et de vie. On les a cherchées en Amérique Latine, dans un voyage qui nous a amené de Buenos Aires jusqu’à Cancun.

Irene, auteur de l'article et membre fondateur de La Nave, en pleine discussion avec Paula et Marlon

Dans la photo Paula et Marlon me racontent leur projet de vie en cuisinant des patacones, plat très commun en Colombie à base de bananes plantains.

Pour partager nos découvertes on a créé le blog storiedellaltromondo.com, qui veut dire histoires de l’autre monde. Un monde composé d’entreprises récupérées, de coopératives, de radios communautaires, d’indigènes qui reprennent leur terre et d’écovillages, entre autres. Le blog est aussi une petite récolte de recettes : une bonne partie des interviews se sont déroulées en cuisine, en apprenant des plats locaux.

 

Si au début notre regard sur ce monde était celui d’observateurs extérieurs, bien tôt nous avons joué un rôle plus actif, en participant comme volontaires à pas mal de projets différents.

Marco, membre fondateur de La Nave, pendant son passage au projet Cerelias au Pérou

Marco au projet Cerelias, aux abords de l’Amazonie du Pérou

En quelques mois, nous avons fini par nous mélanger au courant de voyageurs qui gagnent leur vie un jour après l’autre, dans la rue grâce à l’art et l’artisanat. Nous avons expérimenté une liberté nouvelle et avons quitté la planification en laissant le voyage nous guider. Et le voyage nous a fait beaucoup de cadeaux, entre autres un chat, Ecuador, que nous avons ramené après huit mois de voyage avec nous à la maison.

Marco et Ecuador le chat sont des piliers de La Nave Permacultura!

Marco, Maxi et Ecuador le chat en faisant du stop

Mais c’est en Colombie que le voyage nous a suggéré la suite… Nous étions dans la région du Cauca, au milieu des montagnes, dans le territoire des Misak, la population indigène qui célèbre l’eau et la parole et qui conserve sa tradition ancestrale grâce à leur propre université. Il s’y déroulait la rencontre du réseau colombien d’écovillages, El llamado de la montaña.

 

Marco participait au groupe de travail sur la permaculture. L’institut de permaculture Nà Lu’um proposait un cours qui allait commencer quelques jours après donc nous avons décidé d’y participer. Nous avions l’espoir de comprendre enfin ce concept de permaculture dont nous avions déjà entendu parler à différents endroits, renvoyant parfois à des méthodes de culture, parfois à l’écoconstruction, parfois à des principes éthiques. Le plus intéressant dans ce cours était qu’il promettait de donner des repères aux participants pour changer leur vie, grâce à une profonde reconnexion avec soi-même et avec la nature.

Quand j’ai débarqué dans l’endroit où allait se dérouler le cours, Terrazas de la Miel, j’ai découvert que son fondateur Julian avait fréquenté le même cours que nous quelques mois avant et qu’il avait décidé de quitter ses études en dessin industriel pour commencer son projet de permaculture, en Colombie, chez sa mère. Son projet était donc très jeune et ce cours a été la première grande activité organisée à Terrazas de la Miel et aussi la première transformation radicale de l’espace. En dix jours on avait construit plusieurs terrasses pour les potagers, des étangs et plusieurs structures de terre et paille. En même temps nous avions intériorisé l’urgence de prendre part à ce que Tierra Martinez, l’un des formateurs et membres fondateurs de Nà Lu’um, appelle ‘la restauration planétaire la plus grande de l’histoire de l’humanité’.

 

Cette terrasse, construites pendant le cours de design permaculturel à Terrazas de la Miel, fut la première inspiration pour la création de La Nave

Une des terrasses construites pendant le cours de design permaculturel à Terrazas de la Miel

Il semblait donc possible de vivre en faisant du bien à nous même et à la planète. La décision de faire tout ça chez nous a été soudaine. En effet notre maison dans les collines du Monferrato paraissait parfaite pour cela… C’était drôle qu’il s’agisse de l’endroit que j’avais quitté pour vivre et étudier à la ville et où je n’aurais jamais imaginé retourner. Mais bon, le voyage nous avait fait un autre cadeau et nous ne pouvions pas le refuser. La décision fut donc prise d’un coup et pendant le cours nous avons développé le premier plan du projet. Avant la fin du cours, nous acceptions la proposition de Tierra d’organiser un cours chez nous en août : c’est-à-dire six mois après. Pendant les deux derniers mois du voyage on a cherché à en apprendre plus sur le thème et en mai nous rentrions.

Ecuador, le chat de La Nave, sur un toit vert construit pendant un cours à Fredonia, en Colombie

Ecuador sur un toit vert construit pendant un cours à Fredonia, en Colombie

 

A l’arrivée notre cadet Emanuele et Carolina, sa copine, rentraient dans le projet. Quelques semaines après on décidait que nous l’appellerions La Nave et petit à petit, entre journées de travail communautaire, petits cours et fêtes, un grand flux de vieux et nouveaux amis remplissaient l’espace pour aider, bavarder, chanter face au feu, participer aux différentes initiatives qui ont surgi de façon assez spontanée, jusqu’au cours de Design Permaculturel.

Emanuele et Carolina, deux des membres de La Nave

Emanuele et Carolina

Beaucoup d’idées ont surgi pendant les premiers mois de La Nave et ceux qui ont fait partie de l’équipage ont découvert que c’est beau et difficile de vivre ensemble. Cela demande un effort de changer sa propre attitude d’une façon profonde : de passer de la compétition à la coopération et de l’hyper consommation à l’autoproduction et à la décroissance.

Les plans pour le futur? Il y en a pas mal, à commencer par le développement de notre design permaculturel et la suite de l’expérimentation à petite échelle d’une forme de vie plus saine et cohérente. En même temps, La Nave veut se connecter avec son territoire humain et physique pour montrer que, comme Bill Mollison le dit, ‘Même si les problèmes de ce monde sont incroyablement complexes, les solutions demeurent ironiquement très simples’.

 

 

 

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À propos de l'auteur

Irene Bertana

Irene et son frère Marco sont partis pendant un an en Amérique du Sud à la rencontre d'alternatives aux modes de vie et de consommation "à l'occidentale". A leur retour, ils ont fondé un centre de permaculture dans leur village natal, à Sulpiano, en Italie. Irene revient sur le chemin et les rencontres qui les ont menés vers La Nave Permacultura.



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